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L’eau du fleuve Saint-Laurent se refait une beauté

Par Robyn Fadden

Les affluents de l’histoire de Montréal sont étroitement liés à ceux du fleuve Saint-Laurent. Large et accessible, cette voie maritime relie la ville à l’océan Atlantique, permettant le transport des gens, des ressources naturelles et plus encore. Les principaux ports de la métropole se sont industrialisés au fil des siècles, élevant Montréal au rang de ville portuaire de calibre mondial… et polluant l’eau par la même occasion. Le nouveau millénaire a toutefois apporté son lot de changements dans les ports de Montréal, qu’on pense à la désindustrialisation, aux efforts de nettoyage ou à l’amélioration importante de la qualité de l’eau que l’on a pu observer ces dernières années.

Malgré tous ces changements, Montréal demeure l’un des principaux centres d’import-export du pays, tant par voie maritime que terrestre ou aérienne. Au niveau fédéral, les réglementations tiennent compte des exigences de l’industrie en matière de réduction de la pollution. Fait intéressant, il a été démontré que l’expédition par bateau serait l’une des méthodes de transport les plus propres. En effet, le transport aérien serait jusqu’à 90 % plus polluant en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Selon le Conseil de défense des ressources naturelles, « chaque tonne déplacée par avion plutôt que par bateau génère plus de 4,5 fois plus de particules et près de 25 fois plus d’oxyde nitreux ».

Le type de navire, la consommation en carburant et la nature du carburant utilisé ont également un effet sur la réduction des émissions – ce qui a également contribué à assainir les eaux du port de Montréal au cours de la dernière décennie. Alors que les cargos maritimes traditionnels règnent encore sur les mers, des navires à voiles propulsés par énergie éolienne – tels que ceux utilisés par la compagnie européenne TransOceanic Wind Transport – sont désormais utilisés pour le transport des marchandises et marquent le virage vers des formes d’énergie moins polluantes.

Depuis que les rivières urbaines sont devenues moins polluées, la popularité des activités récréatives sur l’eau a repris du galon. Des groupes et des organisations comme le Vieux-Port de Montréal et le Comité citoyen Montréal Baignade ont été parmi les premiers à profiter de l’assainissement des eaux. En juillet 2014, le Comité Citoyen Montréal Baignade a tenu la toute première édition de l’événement de natation Grand Splash au large des quais du Vieux-Port. L’équipe de Pêche Blanche Vieux-Montréal, constatant que les populations de poissons augmentaient naturellement, a mis sur pied le Village de pêche blanche, qui permet de pratiquer la pêche sur glace au large du quai de l’Horloge depuis maintenant deux hivers. Bota Bota offre également l’accès au fleuve à ses passagers, qui peuvent y faire trempette et prendre part à des activités occasionnelles comme des démonstrations de plongeon de haut-vol et des événements de planche à pagaie. Comme le gouvernement, les citoyens et les organisations commerciales ont désormais la santé du fleuve Saint-Laurent plus à cœur, on risque de voir apparaître de plus en plus d’initiatives du genre.