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Détente

Les temps libres sont-ils si rares?

Une gestion de temps au quotidien

« Je travaille 180 heures par semaines ». C’est ce qu’un jeune homme a confié à Laura Vanderkam, auteure et chroniqueuse américaine. Un vaillant professionnel, à première vue. Cependant, puisqu’une semaine ne contient que 168 heures, on aurait plutôt affaire à un menteur, ou plutôt à un exagérateur. Et il n’est pas seul. Selon une étude menée par le sociologue américain John Robinson, cette tendance à amplifier son horaire de travail serait typique de notre époque.

En effet, après avoir compilé les horaires de plus de 130 000 personnes aux États-Unis, il a conclu que même ceux qui prétendent être les plus occupés ont une quantité raisonnable de temps libres. La semaine typique contiendrait 42 heures de travail et 56 heures de sommeil (environ 8 heures par nuit) et donc environ 70 heures libres. Voilà qui ne correspond pas tout à fait au discours truffé de « J’ai pas le temps! » tenu par une grande partie d’entre nous. Cette même étude a également révélé que les gens qui disent cumuler 75 heures de travail par semaine exagèrent d’environ 25 heures. Une journée de plus, quand même!

Il y a donc lieu de se demander : pourquoi avons-nous tendance à gonfler l’ampleur de nos semaines ainsi? Vanderkam affirme qu’en général, c’est pour renforcer son impression de bien assumer ses responsabilités. Michael Hess, chroniqueur financier à CBS, croit plutôt qu’on s’exprimerait ainsi pour éviter de s’acquitter de tâches qu’on considère comme peu inspirantes.

Quant à Daniel Mercure, sociologue canadien à l’Université Laval, il apporte un autre élément de réponse. Il rappelle que notre époque est marquée par l’utilisation des téléphones intelligents, qui rendent parfois difficile le fait de décrocher. Quand on consulte ses courriels professionnels au lit juste avant d’aller dormir, il est facile d’avoir l’impression de toujours être en train de travailler.

La parole au service de l’esprit

Pour mieux gérer son temps ou pour être plus vigilant quant à la manière dont on l’utilise, Vanderkam suggère entre autres de changer son langage. Elle recommande par exemple de troquer « je n’ai pas le temps » par « ce n’est pas une priorité ». Ainsi, lorsqu’il s’agira d’aller boire un verre avec des amis, cette explication semblera appropriée et honnête. Par contre, quand il sera question d’un rendez-vous chez le médecin, on risque de trouver que « ce n’est pas une priorité » sonne un peu faux, et c’est le but. En changeant sa façon de parler, on change souvent sa façon de penser.

Et au quotidien?

Pour gérer son temps au jour le jour, le site web Brio RH propose aussi une série de conseils concrets pour éviter de perdre le contrôle de son horaire, comme communiquer de manière concise, apprendre à déléguer ou savoir bien cerner ses distractions. Selon Daniel Mercure, il s’agit surtout d’éviter de repousser ses décisions à plus tard, pour ne pas qu’elles s’empilent.

Sur une note plus philosophique, terminons avec la pensée de Hess, qui croit qu’il s’agit surtout d’une question de perspective : « Par définition, nous utilisons effectivement chaque seconde de chaque heure de nos vies. Nous travaillons, dormons, mangeons, jouons, relaxons ou ne faisons rien. De ce fait, être “trop occupé” réside dans la manière dont nous passons notre temps, pas dans la certitude qu’il en manque toujours. »

 

Sources : Fast Company, The New York Times, The Wall Street Journal, CBS News, Les Affaires, Brio RH.

Traductions libres.