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Portrait de l’équipage : Geneviève Emond
« Le Bota Bota, c’est un projet complètement fou et absolument fantastique. » Quand Geneviève Emond prononce ces mots, on comprend immédiatement que l’aventure dépasse largement la simple création d’un spa. Il s’agit d’un projet de vie, né d’une intuition audacieuse et nourri par une relation profonde avec l’eau.
Geneviève Emond est cofondatrice, présidente et directrice générale du Bota Bota spa-sur-l’eau. Curieuse, audacieuse, avec un sens aigu du détail et une passion pour le bien-être, elle construit son parcours avec cohérence et conviction. Diplômée de HEC Montréal en gestion de la production et des opérations, elle effectue un échange à l’Universidad de Deusto en Espagne, suivi d’un MBA à l’INSEAD à Singapour, spécialisé en marketing et en comportement organisationnel.
Ces expériences, associées à son implication dans la vie étudiante, lui ont permis de développer sensibilité organisationnelle et ouverture sur le monde. Elle commence sa carrière comme gestionnaire des opérations chez Yves Rocher, rôle dans lequel elle affine son sens de l’organisation, du service et de l’expérience client, compétences qu’elle mettra plus tard pleinement au service du Bota Bota.
L’eau comme point d’ancrage
Ce qui définit Geneviève depuis toujours, toutefois, c’est sa relation à l’eau. Elle passe ses étés d’enfance au bord de l’eau, possède un chalet accessible uniquement par bateau et partage cette passion avec son mari Simon, pilote maritime.
La rencontre entre Geneviève et Simon se fait au printemps 2010, lors d’un événement professionnel au Vieux-Port de Montréal. Une rencontre évidente, nourrie par un amour commun pour l’eau et la navigation. Aujourd’hui, quinze ans après leur rencontre, Geneviève et Simon sont parents de deux enfants, Maya et Charles, dont elle parle avec des étoiles dans les yeux.Ensemble, ils vivent au rythme du fleuve et de ses variations quotidiennes. Geneviève raconte d’ailleurs en riant que Simon « a toujours des informations en avant-première sur le fleuve », un avantage très précieux pour un spa flottant.
Pour Geneviève, l’eau apaise, recentre et permet de créer une parenthèse dans le tumulte du quotidien. Cette relation intime avec l’eau prendra tout son sens au courant de sa carrière.

Rendre le bien-être accessible
L’idée du spa n’est pas tombée du ciel: elle naît d’une conviction partagée en famille. Son père Daniel et sa sœur Stéphanie avaient déjà construit et fondé BALNEA spa à Bromont, quelques années plus tôt. Natalie, sœur de Geneviève, s’ajoute aussi naturellement à l’aventure, qui réunit aujourd’hui les trois sœurs autour du projet.
La famille Emond observe un manque évident dans le monde du spa à Montréal. Le Vieux-Port, lieu emblématique, chargé d’histoire et facile d’accès à la population montréalaise, leur paraît comme un endroit idéal pour s’y installer. Bien que le Vieux-Port soit favorable à l’idée d’avoir un spa de cette envergure, l’absence de terrain approprié amène Geneviève et sa famille à repenser complètement le projet.
C’est de là qu’est née l’idée de créer un spa sur l’eau. Un concept inédit, audacieux, qui surprend autant qu’il intrigue. À l’ouverture, la nouveauté est telle que plusieurs clients appellent même pour demander à quelle heure le bateau quitte le port, preuve que le projet bouscule les repères.
« Montréal a beau être une île, on se sent loin de l’eau », observe Geneviève. Le Bota Bota devient alors un lien direct entre la ville et le fleuve, un lieu où l’on peut voir l’eau évoluer de jour en jour, puis de saison en saison.

L’humain au coeur du projet
Au fil des années, Geneviève devient bien plus que la cofondatrice du Bota Bota. Elle en est la capitaine, la gardienne de son âme maritime et de son évolution constante. Sous sa direction, le spa se transforme, se réinvente, et devient une icône montréalaise du bien-être urbain, alors que son équipage grandit au même rythme.
“ Le plus grand challenge dans ma vie, c’est d’avoir une entreprise qui roule 7 jours sur 7, 365 jours par année, et d’être une maman 7 jours sur 7, 365 jours par année.” Cette réalité nourrit sa sensibilité à la conciliation travail-famille et influence profondément la culture d’entreprise du Bota Bota. La flexibilité et la compréhension des défis quotidiens font partie intégrante de ses valeurs de gestion.
Ce qui rend Geneviève particulièrement fière aujourd’hui, c’est le chemin parcouru avec son équipe. Être passée d’un projet familial à une organisation qui fait vivre plus de 200 personnes, et voir ces parcours se construire au fil du temps. Croiser d’anciens employés, les voir évoluer, s’épanouir ailleurs, et sentir qu’elle a, à sa façon, contribué à leur trajectoire, est pour elle un immense sentiment d’accomplissement.

Un horizon qui ne cesse de s’élargir
Victime de son succès, le spa flottant tel qu’on le connaît a rapidement dû s’adapter : en 2015, les jardins voient le jour afin d’offrir davantage d’installations et d’accueillir plus de passagers. Aujourd’hui, alors que le Bota Bota célèbre ses 15 ans, l’horizon s’élargit de nouveau avec l’arrivée prochaine d’un second navire.
Amoureuse de voyages et profondément ouverte sur le monde, Geneviève rêve d’un avenir où le concept du Bota Bota pourrait exister ailleurs, dans d’autres villes, d’autres ports. Pour la capitaine, le Bota Bota n’est pas une destination figée, mais un projet vivant, en constante évolution, une manière de transmettre sa relation à l’eau, au temps et au bien-être, et d’offrir à chacun un espace pour se détendre au cœur de la ville.