Limitless: la quête d'une vie | Bota Bota, spa-sur-l'eau

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Évasion

Limitless: la quête d’une vie

Cet article contient des spoilers


Qui ne s’est jamais questionné sur la vie éternelle ?

La société occidentale cultive une obsession toxique avec le vieillissement. Il suffit d’arpenter les rayons de nos pharmacies locales pour comprendre l’ampleur de la problématique : soins anti-âge, produits maquillant pour cacher les effets « nocifs » du temps… À en croire les étiquettes, la solution se trouve dans une bouteille lisse, éclairée par les néons au plafond.

Loin d’être une quête uniquement esthétique, celle de la vie éternelle encense la littérature et les médias depuis la nuit des temps. De Dorian Grey à la pierre philosophale dans la série Harry Potter, il y en a pour tous les goûts et toutes les générations.

En association avec National Geographic, l’acteur Chris Hemsworth s’est penché sur la question en créant une série de 6 épisodes, Limitless. Connu pour son rôle de Thor dans la série Marvel, Chris s’adonne à plusieurs exercices dans le but de pousser son corps à ses limites, afin d’explorer les confins d’une vie plus saine qui sera, sur le long terme, non pas éternelle, mais plus longue. Retour sur 3 de ces épisodes marquants.

LE FROID

Chaud, froid détente. Si vous êtes des passagers habitués du Bota Bota, cette rengaine devrait vous être familière, car elle évoque en toute simplicité le circuit d’eaux disponible à bord. Ces trois étapes primordiales regorgent de vertus et ne laissent jamais les passagers du spa indifférent.

Dans le deuxième épisode de la série, Chris est confronté à l’étape du froid de façon significative. Intitulé « Shock » (Choc), cet épisode dépeint un horizon glacial dans l’Arctique Norvégien. « Je ne sais pas comment, mais on m’a convaincu de nager sous l’eau… dans l’Arctique (…) S’il y a une chose que je déteste vraiment, c’est le froid », avoue l’acteur.

Accompagné du scientifique sportif Ross Edgley, Chris plonge dans une eau gelée pendant 3 minutes, afin de l’habituer à cette sensation extrême. Cette étape est un amuse-bouche en comparaison au véritable défi qui l’attend plus tard; celui de nager en eau libre.

Une fois les trois minutes passées, il est impératif pour le corps de se réchauffer de l’extérieur, mais surtout de l’intérieur. Sébastien Zappa enseigne d’ailleurs cette notion particulière lors de son événement « Souffle|Chaud|Froid » mensuel au Bota Bota. Grâce à un breuvage chaud, le corps peut tranquillement se remettre de son état de choc, et ainsi graduellement reprendre pleine conscience de lui-même.

Outre les bienfaits connus du froid, comme l’accélération du rythme cardiaque et l’amélioration de la fluidité sanguine, cette étape cruciale hébergerait des solutions efficaces contre les maladies du cœur et le diabète, deux des causes les plus importantes de décès dans le monde moderne.

S’en suit une deuxième immersion en eau froide par l’intermédiaire d’une session de surf ébouriffante et un arrêt par le sauna. Bien que celui-ci ne soit pas le centre du sujet, Ross indique l’importance de faire endurer au corps des températures extrêmes.

« Notre corps veut rester dans une certaine plage de température », explique le Dr. Peter Attia, expert en longévité présent sur place. « Et en ce moment, nous le poussons bien en dehors de sa zone de confort. Dans le processus d’adaptation, notre corps nous protège en augmentant la production de ces molécules spéciales appelées protéines de choc thermique qui sont extrêmement efficaces dans la lutte contre la maladie. » Poursuit-il.

Environ 230 mètres et une eau à 2 degrés séparent Chris de la bouée qu’il devra atteindre lors de la dernière étape de ce périple frigorifiant. Non sans difficulté, il y arrive et signe ainsi le début d’une aventure qui s’annonce forte en émotions.

LE JEÛNE

« Je commence à penser que ça pourrait être les quatre jours les plus difficiles de ma vie », annonce Chris. Et il n’est pas au bout de ses peines; le troisième épisode « Fasting » (Jeûne), promet à Chris un jeûne intensif sur quatre jours.

Il retrouve le Dr. Peter Attia qui l’accompagnera tout au long de cette nouvelle aventure et celui-ci lui a préparé un défi d’envergure, celui d’observer ces quelques jours comme leurs lointains ancêtres, « [À la fin de ces quatre jours] Je veux qu’il chasse pour son prochain repas, dans l’océan. »

Agrémenté d’exercices de plongée, ce chapitre nous interpelle sur notre surconsommation alimentaire. Si nos ancêtres se nourrissaient de façon sporadique tout en chassant, les trois repas que nous mangeons quotidiennement ne sont pas nécessaires. L’homme peut survivre à un jeûne prolongé, et celui-ci peut même avoir de effets bénéfiques sur la santé, « Une fois qu’un être humain passe trois jours sans nourriture, nous pensons que des changements biochimiques remarquables se produisent, qui ont des avantages significatifs en termes de longévité. » souligne le docteur.

« C’est un gain à long terme pour une douleur à court terme », relativise Chris. L’idée ici est simple; le glucose présent dans les aliments que nous consommons alimente les nombreuses cellules du corps. Mais celui-ci nourrit aussi des cellules « zombies » endommagées qui infectent les cellules saines. Cette infection accélère le vieillissement, et encourage fortement la perte des cheveux à la démence. Ses effets nocifs sont nombreux. Le jeûne permettrait de couper l’alimentation du glucose à ces cellules nuisibles.

La cétone est ici le trésor au bout de l’arc-en-ciel. Notre corps, lorsque nourrit quotidiennement, store l’énergie en trop sous la forme de gras qui peut être retrouvé un peu partout, sous la peau et autour des organes internes. Lorsque la nourriture devient limitée, ce gras est envoyé au foie, qui le transforme en cétone. Les cétones deviennent ainsi la source d’énergie d’urgence du corps et du cerveau. Ainsi, un regain d’énergie et une acuité mentale sont possibles, permettant ainsi à aux sens de s’intensifier, de la vue en passant par l’ouïe. Exactement ce dont aurait besoin un chasseur en quête de nourriture.

À travers ces quatre jours de jeûnes, le Dr. Attia mesure la quantité de cétones présentes dans le corps de Chris. Celui-ci en aura besoin lors de son défi final de plongée, car nager et chasser le ventre vide s’annonce compliqué. « Tu auras l’impression d’être dans la matrice, tu verras les choses un peu différemment », blague le docteur.

 À l’instar de Neo dans le tout premier Matrix, Chris prend du temps à s’adapter à son environnement et à digérer ce qui lui arrive. Le manque de nourriture se fait rapidement sentir à la fin de sa première journée et le décompte officiel à rebours commence dans une atmosphère latente de faim. Au fur et à mesure des jours, Chris observe diverses capacités cognitives diminuer, comme celle de la parole, et l’envie de sommeil qui devient de plus en plus présente, « C’est vraiment une sensation de montagnes russes », reconnait-il. Le boost de cétone que lui promet le Dr. Attia ne semble pas se manifester.

« Je ne pense pas que Chris trouve cette expérience agréable. Mais une grande partie du jeûne consiste à comprendre pourquoi on le fait. Et c’est la clé pour tolérer cette situation. » remarque Dr. Attia. Le point central de la motivation de Chris demeure celui d’être présent et en santé le plus longtemps possible pour sa famille. La longévité est le fil rouge de cette série, mais cet épisode semble rendre sa nécessité indispensable pour qu’il puisse passer au travers.

C’est l’esprit flou et une fatigue prononcée que Chris s’abandonne au défi qui lui ait proposé afin de terminer ces trois jours de jeûne. Le boost de cétones opère enfin et c’est triomphant qu’il pêche un poisson qu’il déguste avec le Dr. Attia sur une plage. Alors que Chris s’attendait à dévorer son repas en une bouchée, il se surprend à être étrangement mélancolique face à ce qu’il vient de pêcher. « Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer », avoue-t-il dans un sourire. 

Aurélie Valois Francoeur, naturopathe agréée et invitée du podcast Point d’Écoute du Bota Bota, insiste sur l’importance de bien se nourrir, « La relation à l’alimentation est primordiale. » Cet épisode est un rappel que l’alimentation est une nécessité à la survie de l’homme, mais qu’on se doit de remettre en question comment nous l’introduisons à notre vie. Celle-ci devrait appartenir à une réflexion holistique sur nos habitudes quotidiennes et mensuelles, afin de vivre de façon la plus saine possible.  « C’est bien de bien manger, mais on veut pouvoir être actif physiquement, avoir un bon sommeil, mettre des conditions optimales et favorables à notre bonne santé pour qu’on puisse atteindre nos objectifs au fil des mois et des années pour qu’on atteigne ces changements-là. »

L’ACCEPTATION

Les 4 premiers épisodes de la saison nous transportent aux confins du corps et Chris explore, non sans peine, ses propres limites. Le dernier chapitre reste cependant le plus important et le plus envoutant de la série, car il porte sur la vulnérabilité de l’Homme.

L’acteur est catapulté pendant une période de 3 jours dans le futur, dans un monde immersif, à ses 80 ans. Il est introduit à une maison de retraite Sunset Pines et à ses compagnons, arborant avec fierté rides et cheveux blancs. Afin d’être vraiment ancré dans son personnage, il enfile un costume créé avec soin pour retransmettre les sensations d’un âge avancé. Ainsi, ses mouvements sont extrêmement limités, sa mobilité est fortement réduite, et sa vision est terriblement floutée.

Il observe pendant ses trois jours différentes facettes de ce nouveau corps et entreprend un deuil accéléré d’une vie qui tire fictivement à sa fin. Il côtoie rapidement la solitude dans sa petite chambre médicalisée et dans l’attitude condescendante des aides-soignants sur place. L’écho lointain des souvenirs de sa famille est un murmure constant en trame sonore.

Il rencontre plusieurs habitants de cette maison de retraite dont Gary, un enseignant de Tai Chi, qui l’introduit à une classe d’aérobic et différentes activités offertes sur place. Chris se voit rapidement limité par ses mouvements, « le costume vieillissant est brutal, il affecte mes mouvements de nombreuses façons, et c’est sacrément épuisant ».

« L’une des cruautés que nous nous faisons les uns aux autres est que nous considérons l’acte de vieillir comme un échec, que notre corps nous fait défaut. Non. C’est comme ça qu’on le voit (…) C’est là que les humains brillent vraiment, quand on se heurte à la limite. » Suggère B.J. Miller, médecin en soins palliatifs, le cerveau pensant derrière cette initiative.

L’exercice reste une option fiable et efficace contre le vieillissement du corps, même si celui-ci est inévitable. « Ce qui est incroyable avec le mouvement, c’est qu’il défie l’horloge du temps », explique Sasha Alcoloumbre, enseignant de cours Essentrics disponibles au Bota Bota, lorsque questionné sur le sujet. « Moins l’on bouge avec le temps, plus certains muscles de notre corps s’affaiblissent et s’atrophient (…) et lorsque cette couche de vieillissement entre en jeu dans notre corps, il est beaucoup plus difficile de l’inverser. » Chris apprend ainsi à repenser son nouveau corps et à l’utiliser justement, afin de prendre du plaisir malgré certaines limites imposées.

Il est impossible de ne pas être touché en écoutant les diverses anecdotes et histoires de vies des personnes qui entourent Chris à Sunset Pines. « La vieillesse est non seulement relative mais également subjective », note Marie Charrel dans son livre Qui a peur des vieilles ? « Les matins d’intense fatigue ou d’abattement moral, n’importe qui se sent vieux, tandis que les aubes ensoleillées de printemps sont un bain de jouvence. »

La vie offre son lot d’expériences difficiles et celles-ci flirtent parfois avec le décès et le deuil que celui-ci ramène dans ses bagages. Victime d’un accident qui lui aura pris sa main gauche et la moitié de ses deux jambes, B.J se remémore les années de remise en question à la suite de celui-ci. « L’adaptation pouvait seulement m’être utile jusqu’à un certain point, » raconte-t-il à Chris. « Je devais accepter ce qui m’arrivait. » Cette réalisation l’aidera par la suite à se détacher de l’image et de la personne qu’il était avant l’accident, lui permettant ainsi d’avancer et de se reconstruire pleinement, « Je pense que cela fait partie de l’acceptation, c’est là que l’on laisse réellement le changement se produire. »

La vieillesse et la mort inévitable qu’elle fait miroiter ne sont en grande partie finalement qu’une construction sociale finement ficelée. Ainsi, la possibilité d’avancer vers un grand âge devrait être considérée comme un privilège et non un handicap. Natalie, diagnostiquée avec un cancer de stade 3 à 20 ans offre un regard différent sur la question, « Je pense que les gens ont une relation très amusante avec le vieillissement, ils en ont vraiment peur. Mais en vérité, j’aimerais vieillir, je n’aimerais rien de plus que vieillir et je pense que c’est un cadeau. »

« Le privilège de la vieillesse, c’est d’avoir tous les âges », disait Victor Hugo. Ce dernier épisode, le plus touchant de tous, nous donne une nouvelle lentille à travers laquelle le prisme de l’âge devient le reflet de ce que l’on en fait. « Tu ne vas pas battre le vieillissement, et c’est OK», rappelle BJ. En l’entendant dire ces mots, le temps semble moins lourd et un vent d’acceptation se fait entendre entre les feuilles des arbres.