Psychologie

L’auto-compassion: l’art de s’aimer pleinement

Que l’on soit en couple ou célibataire, une chose est certaine : la plus longue relation que nous aurons, que nous le voulions ou non, sera avec nous-même. On parle souvent d’estime de soi, à quel point il est bon et important d’en avoir, afin d’entretenir une relation saine avec soi. Mais sait-on réellement de quoi celle-ci est faite et si elle est aussi bénéfique que l’on nous le fait croire ?

Le Dr. Kristin Neff, auteure, professeure et chercheuse américaine en auto-compassion, définit l’estime de soi comme : « une évaluation globale de notre amour propre, un jugement de notre personne. » Marqueur ultime de la santé psychologique, il permettrait de calculer notre situation mentale.

Ainsi, si notre estime de soi est basse, elle peut mener à la dépression, à l’anxiété voire même au suicide. En revanche, si celle-ci est haute, elle serait un indicateur d’une vie et d’un mental relativement « sains ». Cependant, il est intéressant de se questionner sur la provenance de cette haute estime de soi et comment celle-ci est aquise, car c’est bien là que le bât blesse.

Afin d’avoir une haute estime de soi, il faut, en partie, que l’on se sente spécial, supérieur à la moyenne. Cela nous pousserait ainsi à rabaisser les autres afin de nous sentir plus important. Neff explique d’ailleurs qu’une épidémie de narcissisme et d’intimidation se répand actuellement dans les écoles, la haute estime de soi étant prisée et placée sur un piédestal.  

Mais alors, si l’estime de soi s’avère être toxique, que nous reste-t-il ?

L’auto-compassion est une forme de psychologie qui nous apprend à nous regarder différemment, et à prendre conscience de notre état présent. « Ce n’est pas une façon de nous juger mais de nous rapporter à nous-mêmes de la compassion, en nous acceptant tels que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts », explique Neff.

Pour se faire, il est important de garder en tête les trois ingrédients clés de cette façon de penser : Se traiter avec gentillesse, comprendre et accepter que l’imperfection est une caractéristique humaine, personne n’est parfait et vivre en pleine conscience, exister dans le moment présent.

Il s’agit ici de se penser comme son meilleur ami, de s’apporter autant de douceur que nous le ferions avec la personne qui compte le plus pour nous. Neff remarque que : «  Lors de jours plus sombres, nous sommes souvent plus durs et cruels avec nos paroles. Nous nous disons des choses que nous ne dirions à personne. Nous sommes notre pire ennemi ». S’apporter de l’amour est finalement la solution à bien des maux.

Il est crucial de parfois prendre le pouls de nos sentiments et de notre état, de s’accorder quelques mots bienveillants afin de pouvoir avancer. Il n’est pas question de se lamenter sur son sort, mais au contraire, de comprendre d’ou provient ce sentiment de mal-être et de s’accorder du temps pour ressentir toutes les émotions qui peuvent découler de cette situation, tout en se rassurant et en acceptant que celles-ci sont temporaires.

L’auto-compassion peut aussi avoir de grands bénéfices au cœur d’un couple. Développer et cultiver la bienveillance, l’empathie profonde et l’indulgence envers les différences de l’autre sont probablement les piliers du bonheur conjugal. Savoir autant être à l’écoute de soi que de notre partenaire est un gage de grande compréhension de ce qui nous entoure. C’est tout le contraire d’un cercle vicieux. L’amour que l’on se porte, finit par avoir un impact positif sur ceux autour de nous. « Nos corps sont programmés pour répondre à la chaleur. Lorsque nous nous sentons en sécurité et réconfortés, nous atteignons notre plein potentiel », termine Neff.

En ce 14 février, ou les 264 autres jours de l’année, en couple ou célibataire, pratiquez cette méthode quotidiennement. S’aimer pleinement est un art qu’il est important de cultiver.  

Pour en savoir plus sur l’auto-compassion, retrouvez la Ted Talk de Kristin Neff ici.