LYSANNE RICHARD, UNE VIE à LA HAUTEUR

ÉVÉNEMENTS

-août 1, 2018-

Plongeuse de haut vol professionnelle et ambassadrice du Bota Bota, Lysanne sera la vedette de l’événement Plongez dans la dérive le 10 août prochain sur le bateau. Retour sur son parcours tout en hauteurs.

Son parcours

Il est 19h00 et Montréal étire ses rayons après une longue journée. L’avenue du Parc baigne dans la luminosité que seul un coucher de soleil sait créer. Doucement, il avale la ville au rythme des minutes sur mon cadran. Lysanne Richard répond au téléphone, un sourire dans la voix. Son emploi du temps est chargé, mais elle reste disponible pour me parler d’elle, de son parcours, de sa vie aux mille détours.

Née à Chicoutimi et dernière de trois enfants, elle a surtout grandi au Saguenay Lac Saint Jean.
Dès sa plus tendre enfance, elle se souvient avoir le rêve olympique: “J’étais déterminée, je savais ce que je voulais”. Elle fait son secondaire en Sport Étude à Québec où elle s’adonne au plongeon intensif et revient auprès de sa famille durant les fins de semaine.
“Je ne sais pas comment mes parents ont fait, je n’aurais pas été capable de faire ça avec mon fils !”, me confie-t-elle dans un éclat de rire.

Des problèmes d’oreilles, causés en partie par de multiples otites la forcent à arrêter pendant quelques temps le plongeon. Elle s’aventure ainsi dans l’improvisation et le théâtre, milieu qui l’a fait vibrer par ses mondes et personnages imaginaires. Elle intègre ainsi l’École Nationale de Cirque au Cégep à Montréal. S’en suivent 10 années à travailler pour le Cirque du Soleil et une vie de tournée en famille.
Pourtant, comme tout premier amour, le plongeon la rappelle de temps à autre et elle effectue ainsi quelques contrats de plongeons de haut vol en spectacle. Elle apprend sur le tas et s’améliore à chaque représentation.

Le circuit de compétition

Son troisième enfant né, il est temps de se sédentariser: “Mon ado avait envie d’une vie à lui et je voulais pouvoir lui offrir ça”. Cela tombe bien car le circuit de haut vol s’est développé au fil des années, notamment avec le Red Bull Cliff Diving et la Fédération Internationale de Natation (FINA). Lysanne m’apprend que le plongeon de haut vol est le seul sport de la FINA qui n’est pas encore représenté aux Olympiques. Dans sa voix, je décèle une détermination, celle qui ne s’éteindra probablement jamais. Elle fera les olympiques et représentera ce sport, un jour.

Son retour dans l’eau est fracassant. Elle remporte la première place à la Coupe du monde de la FINA et se retrouve systématiquement une place sur le podium lors des compétitions Red Bull Cliff Diving en 2016.
2017 est une année difficile, suite à une blessure importante au cou. La voltige s’arrête et avec elle, s’installent des doutes et une confiance ébranlée. Elle garde cependant la tête froide: “ Il s’agit d’avoir de petits objectifs, les atteindre graduellement et leur cumule permet le plus grand accomplissement”. Cette vision, elle l’applique à tous les pans de sa vie.
Après la pluie, le beau temps. 2018 voit le jour et avec lui, un nouvel espoir pour Lysanne qui reprend le circuit de compétition. En un an, beaucoup de choses ont changées, les filles se sont améliorées et elle doit se remettre à la hauteur. Elle se sait compétente et ne doute pas de ses capacités à remonter le courant: “ Si je suis capable de me remettre de ma blessure, ça vaut la peine d’en profiter encore quelques années”.
À 36 ans, les années de plongeon de haut vol sont nombreuses; la doyenne de ce sport ayant 43 ans.
“C’est un sport qui est très physique, mais aussi très mental. L’expérience, l’âge et la sagesse sont certainement un plus”.

Tout en haut de sa plateforme, Lysanne fait le vide dans sa tête. C’est un moment de méditation avant qu’elle ne déploie ses ailes. Aux Açores, lors de sa dernière compétition, elle s’est retrouvée en harmonie parfaite avec la nature, les pieds sur quelques centimètres naturels de plaque rocheuse, collée à la falaise, les vagues ondulant plusieurs mètres sous elle.
Son secret ? Trois mots clés répétés qui l’aideront à réussir son plongeon. C’est un language créé avec son coach qui lui permet de visualiser ce qu’elle doit faire. Elle m’en donne quelques exemples et se met à rire rapidement. Elle est consciente que de loin, ces mots paraissent absurdes, vides de sens.
“Le mot de fin finit souvent par être le même: T’es capable”.

Les femmes de sa vie

Lorsque Lysanne repense à son parcours, elle ne peut s’empêcher de faire un clin d’oeil à toutes les femmes qui se sont retrouvées sur son chemin. La première place du podium revient à sa mère, qu’elle couvre de mots doux: “J’ai énormément d’admiration pour elle. Je suis très reconnaissante envers elle car elle m’a permis d’accomplir tant de choses. Je n’arrive pas à lui trouver de défauts”.
Ginger Huber, la doyenne tient aussi une place importante dans son coeur, car malgré son âge avancé dans la compétition, elle est un exemple à suivre pour Lysanne. Elle mentionne aussi sa coach Essentrics, Maude Desjardins, qui au fil du temps, est devenue une amie.

Bien que le monde du plongeon de haute voltige soit majoritairement masculin, Lysanne se retrouve finalement entourée d’une belle présence féminine.
“Ce sport prend des femmes qui ont du guts”, et des guts, Lysanne en a à revendre étant la seule Canadienne sur le circuit de compétition internationale de plongeon de haut vol.

Plongez dans la Dérive

Le 10 août 2018, Lysanne plongera du haut du toit du bateau dans le Saint Laurent lors d’une soirée spéciale au Bota Bota. À ce sujet, elle ne tarit pas d’éloges: “J’ai super hâte ! J’ai toujours eu le souhait de pouvoir vivre ça un jour”. Ce qu’elle aime des représentations comme celle-ci: l’échange.
“On donne mais on reçoit beaucoup aussi. On t’applaudit- c’est de l’amour gratuit finalement”. Ce moment elle l’attend avec beaucoup d’impatience: “Cet événement au Bota Bota est la combinaison parfaite entre un lieu de rêve et mon sport préféré. Et puis je suis heureuse de revoir mes amis, Maxime Robitaille et Marie-Andrée Normandin, avec qui j’ai fait des spectacles dans le passé”.
Lysanne bouillonne de personnalité et d’envie et cet appétit pour la vie se retranscrit facilement dans ses plongeons.

Alors que le soleil disperse ses derniers rayons, notre conversation tire à sa fin. Lysanne est une femme comblée et sa vie brille par ses nombreux accomplissements, à la maison comme au travail: “J’ai eu la chance d’avoir des opportunités de faire tellement de choses cool. J’ai mes enfants, je voyage énormément…”

Chacun à sa propre idée du dépassement de soi et pour Lysanne, le rêve olympique reste celui qui lui tient le plus à coeur. Entre plongeon et spectacle son coeur balance, mais une chose est certaine, Lysanne Richard reste un personnage hors-norme dont le Canada peut être fier.

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copyright photo: Romina Amato / Red Bull Content Pool